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Cécile Bourgeat GEM PGE 1997 secrétaire générale à l'institut Lumière témoigne dans ONLY LYON

Portraits

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08/09/2020

Only Lyon a recueilli le témoignage de Cécile Bourgeat diplômée du programme grande école de GEM, administratrice de l'institut Lumière et secrétaire générale du Festival Lumière, elle nous parle de son métier post confinement...


Dans quel état d’esprit êtes-vous quelques semaines après la fin du confinement ?

Le confinement paraît déjà lointain. J’espère préserver le rapport au temps aéré et dense de cette période totalement inédite. Il autorisait un retour aux choses essentielles, à la fois la vie avec nos plus proches et au bien commun collectif. Mais il a aussi apporté une gravité avec des conséquences sociales et économiques encore difficiles à mesurer. Mon état d’esprit aujourd’hui : entre l’élan de l’activité qui reprend et une forme de résistance pour ne pas me laisser submerger par l’incertitude qui perdure et son impact dans tous les domaines, et sur la vie culturelle bien sûr.


Racontez-nous votre monde d’après…

Je ne suis pas très à l’aise avec cette expression du « monde d’après ». A se projeter aussi vite dans un après, on limite la prise de conscience. Le « pendant » n’a pas fini de nous enseigner. Je repense à une expression du poète François Cheng, qui rapproche le mot « confinement » à une manière de « vivre ensemble finement ». Cette crise a manifesté de façon aigue, le sens des liens voire de la dépendance qui fait de nous des êtres reliés les uns aux autres. Travailler ce lien pour l’aborder plus délicatement, même dans les situations les plus complexes, peut changer beaucoup de choses.

Ensuite, l’expérience d’une faille venue bousculer nos vies quotidiennes et secouer nos habitudes, a éclairé notre illusion de toute- puissance, appelant à plus de fraternité et de solidarité. On a besoin d’un peu de temps pour maintenir vive cette prise de conscience, définir les transformations qu’elle engendrera : une autre manière de vivre et de consommer, par exemple. En somme, il s’agirait de privilégier la dimension humaine en toute chose et l’amélioration de nos conditions d’existence sans détériorer ce qui nous entoure. Pour l’instant, le monde d’après consiste déjà à consentir à l’incertitude qui empêche toute les projections habituelles, en gardant la conviction et l’ouverture nécessaire à la reprise.


Comment voyez-vous l’avenir de votre métier/secteur d’activité ?

La culture a de beaux jours devant elle. Elle est ce qui demeure envers et contre tout. On a vu dans tous les domaines fleurir des propositions pour montrer des films, des spectacles, écouter des concerts, donner accès aux œuvres… Mais une question demeure : les gens ont-ils envie de sortir de chez eux, d’aller au spectacle, dans une salle de cinéma, dans un musée, dans le contexte sanitaire incertain et après avoir expérimenté plus que jamais une autre forme d’accès à la culture ?

Cette crise engage notre inventivité pour continuer de transmettre et susciter le désir des publics. L’enjeu est de taille par rapport aux plus jeunes notamment. Nous avons annoncé le festival Lumière en octobre et nous espérons qu’il pourra se tenir dans les meilleures conditions. Nous avons la conviction qu’il faut autant que possible, rassembler le public et repartir. C’est aussi une manière de maintenir les emplois. Nous verrons ce qui sera possible dans les semaines à venir. Le secteur culturel est enfin confronté à une question structurelle : celle du nécessaire « ré-investissement » des instances publiques, à l’hôpital en premier lieu mais aussi dans la culture. Pour l’Institut Lumière et bien d’autres structures, le mode de financement avec plus d’autofinancement – billetterie et partenariat privé – fragilise nos missions culturelles de service public. Nous devons réfléchir, avec l’Etat et les collectivités, à un rééquilibrage fructueux et viable à long terme. 


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